de quoi ne nous parle-t-on pas ?

Publié le par Collectif gauche Alternative

 

Les "grands" médias nous inondent de faits divers : accidents en montagne, accidents de la route... Mais que cherche-t-on ainsi à nous cacher ? Nous publions ce message parmi d'autres, qui nous montre une partie de l'iceberg....




Message de la FSU 64 à FSU nat et SNES nat


     Plus d'un millier de lycéens dans la rue à Pau, plusieurs centaines à Bayonne. La journée nationale d'action des lycéens a connu un succès dans les Pyrénées Atlantiques


      Depuis plusieurs jours, les élèves de la plupart des lycées des Pyrénées Atlantiques organisaient des mouvements importants qui démontraient un refus des réformes gouvernementales et une colère croissante : Bayonne, Biarritz, Oloron Sainte Marie, Nay, Mourenx, Lescar, Gelos, Pau, des centaines de lycéens de chaque établissement organisaient des assemblées, des manifestations.


     Les élèves ressentent avec colère les tentatives de répression de leur expression : l'inspecteur d'académie a convoqué les proviseurs en fin de semaine dernière pour leur donner l'ordre de sanctionner les élèves qui participent à des « mouvements ». Dans certains établissements, les élèves demi-pensionnaires et même des internes se sont retrouvés à la rue à cause du refus des chefs d'établissement de les accueillir, sous prétexte qu'ils étaient sortis de l'établissement sans autorisation. Des familles ont été convoquées pour s'entendre dire que leur enfant risquait l'exclusion pour cause de manifestation.


      Nouveauté dans le paysage déjà riche des abus de l'inspection académique des Pyrénées Atlantiques, des enseignants et des parents d'élèves avaient organisé des réunions d'information sur la réforme des lycées dans plusieurs établissements de Pau, avec l'accord des proviseurs qui avaient attribué des salles. Samedi 6 décembre, les secrétaires des S1 du SNES recevaient un message sur leur téléphone personnel : l'autorisation d'utiliser une salle du lycée était supprimée, sur ordre de l'inspecteur d'académie, « parce qu'il fallait laisser la priorité à la communication de l'institution ».


       L'inspecteur d'académie répond à un journaliste palois qui l'interroge sur l'information qu'il va donner aux élèves pour les rassurer : « ils n'ont pas besoin de savoir ». Des élèves du lycée de Mourenx sont reçus mercredi par le recteur à Bordeaux. Mêmes questions, réponse du recteur :

                                       « On a des réponses, mais on ne peut pas vous les dire »...


      De quoi ont-ils donc peur ? Dans le même temps, plus de 1000 étudiants de l'université de Pau ont tenu jeudi 4 décembre une assemblée générale avec des professeurs pour discuter des réformes : mastère, statut d'enseignant-chercheur, budget d'étouffement, libertés universitaires, etc..


         Pour la première fois qu'il est déterminé dans le budget globalisé de l'université de Pau et des Pays de l'Adour, depuis le vote de la loi Pécresse, le budget de l'IUT de Pau est en baisse de 13 %. La colère et l'inquiétude grondent.


               C'est sur ces bases que le mouvement de ce vendredi 5 décembre s'est construit. Il peut ne pas s'effondrer et mourir pendant les vacances d'hiver, désespérer les lycéens, si les syndicats du second degré de la FSU expriment leur volonté de soutien, d'explications et de convergence.


Ce vendredi, le secrétaire départemental de la FSU est venu, à Pau, parler aux lycéens qui l'ont accueilli avec chaleur. Il a terminé en les invitant à poursuivre leur mouvement mercredi prochain à l'occasion de la journée nationale d'action organisée par une trentaine d'organisations attachées à

la défense du service public d'éducation nationale.

Une responsable du S2 du SNES était présente, avec trois ou quatre retraités. Une camarade du SNESup était là également, ainsi que le président départemental et quelques autres responsables de la FCPE.


Le bouillonnement qui agite les élèves et les étudiants dans le département doit permettre aux organisations syndicales de comprendre que l'organisation de la suite du succès du 20 novembre ne doit pas trop attendre. Il y a d'abord la date importante du 15 décembre à l'assemblée nationale où le ministre de l'éducation nationale doit présenter sa réforme. Il y a la décision du CDFN de la FSU qui a proposé le 26 novembre une action de grève rapide à l'intersyndicale et, à défaut, une action des seuls syndicats de la FSU.

Il y a surtout l'attente et l'espoir de la masse des personnels et des usagers du service public de l'éducation nationale.





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