politique transport aérien

Publié le par Pierre Arrabie-Aubiès

 

Au sujet des lignes aériennes low-cost, il semblerait souhaitable d'analyser en profondeur les conséquences et les enjeux d'un financement éventuel des lignes aériennes low cost par des collectivités territoriales.

Ces subventions peuvent être des aides publiques directes ou indirectes (elles passent alors par les CCI, comme en région Poitou-Charente).

Voici quelques problèmes auxquels nous serions vite confrontés:

 

Une politique des transports totalement en décalage avec les ambitions nationales affichées en terme de lutte contre les gaz à effet de serre.

Chaque aéroport tentera de multiplier le nombre de lignes et de destinations desservies.

Est-il, en effet, pertinent de développer (et de subventionner) une ligne directe entre Pau et une capitale européenne sachant que Pau sera, dans un avenir proche, reliée à Bordeaux et Paris en quelques heures, d'où ces mêmes capitales seront desservies ?

 

On demande, à juste titre, à chaque citoyen de modifier ses habitudes quotidiennes afin de prendre en compte la nécessité de protéger la planète mais on occulte totalement les dégâts occasionnés à l'environnement ( en terme de rejets de gaz à effet de serre) par un seul voyage en avion.

Je regrette qu' il ne vienne à l'esprit d'aucun de nos élus de souligner cette contradiction.

 

De plus, chaque collectivité territoriale serait invitée à mettre la main à la poche (du contribuable) afin de subventionner des lignes aériennes, privées et richissimes (voir profits de Ryanair), pour qu'une poignée de personnes puissent gagner quelques heures sur leurs déplacements personnels.

Les aides financières versées aux compagnies low-cost participent aussi à l'hémorragie d'argent public vers des entreprises privées.

Les fonds investis pour attirer ces compagnies se comptent en centaines de milliers d'euros, qui pourraient être injectés dans le logement social ou dans les divers secteurs relevant des collectivités territoriales concernées.

Il faudra s'attendre à une surenchère du montant de ces primes. Il est évident que les compagnies aériennes s'implanteront dans les aéroports où les aides seront les plus généreuses.

Quid des nuisances générées par le survol incessant des zones habitées ?

Quid du moins-disant social de ces compagnies low-cost ? Demandez aux employés de Ryanair pourquoi les tarifs de la compagnie sont si attractifs !

 

L'Etat et l'Europe doivent légiférer afin d'interdire la prolifération des vols low-cost. La dérèglementation alliée à la décentralisation ne feront que générer une concurrence absurde, qui sera payée par deux fois par les contribuables: par le biais de subventions aux compagnies privées, alors que peu d'entre eux utiliseront ces "services", par le biais des diverses nuisances et des conséquences sanitaires liées à la dégradation de l'environnement.

 

Et les retombées économiques ?

J'attends toujours une étude sérieuse sur ce sujet, qui ne soit pas réalisée par des entités qui sont à la fois juge et partie dans ce dossier.

D'autre part, ces retombées ne profitent qu'à certaines "niches" professionnelles: agences immobilières, restaurants et hôtels haut de gamme.

Il suffit de savoir quel type de développement économique nous voulons pour notre ville, notre département et notre région.

 

Eric Schatz (Gauche Alternative) Pau

 

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