"Il a dit la vérité, il doit être exécuté"

Publié le par Frédéric Pic

(texte paru sur la République )

ll paraît que la France manque de chercheurs. L'un d'entre eux était présent le 05.10.2007 au hall Aspe à PAU lors de la réunion organisée par le collectif béarnais pour un moratoire sur les OGM . Il s'agit de Christian VELOT, maître de conférence à l'université de Paris Sud, qui a éclaboussé de sa classe et de son humour un débat d'une équité, d'une rigueur et d'une tenue scientifique comme l'on en voit rarement . Nous retiendrons deux faits de cette réunion : l'affluence, qui témoigne de l'intérêt porté - à juste titre - à ce problème. Et qui démontre que plus rien aujourd'hui ne se fera sans l'assentiment éclairé de la population. Avis aux pouvoirs de tous poils, le temps des ukases est terminé . Et le fait que toutes les parties prenantes ( Christian VELOT, INRA, Euralis, paysan bio) ont pu s'exprimer dans un climat de parfaite tolérance, compte tenu des passions habituellement soulevées par ce thème, véritable problème de société concernant l'ensemble de la communauté internationale.
Christian VELOT a participé avec sa rigueur coutumière à cet indispensable travail d'information et de pédagogie. Et démonstration a été faite que si les OGM sont dignes d'intérêt en laboratoire, l'utilisation du maïs BT en plein champ est à la fois polluante et sans intérêt réel, sauf pour Mansonto bien entendu. On l'aura compris, l'argumentaire de Christian VELOT, pour inattaquable qu'il soit au plan scientifique, ne va pas dans le sens des intérêts du lobby des producteurs de semences transgéniques et de certains chercheurs travaillant sur les OGM. Il gêne de puissants intérêts financiers. Et la réponse n'a pas tardé à lui être signifiée : viré de son Institut au terme du contrat en cours, crédits coupés, déménagement programmé de son laboratoire.
Et  si une hypothétique médiation est prévue, il s'agit là à l'évidence, alors que le Gouvernement bafouille et que le Grenelle de l'Environnement n'a encore rien dit sur le sujet, d'une sanction politique pour délit d'opinion, prise en dehors de tout cadre légal, frappant hors de tout contexte scientifique un de nos chercheurs les plus talentueux. Il est dès lors du devoir de chacun de dénoncer avec la plus grande vigueur cette décision inacceptable, de tout faire pour s'y opposer, et d'assurer Christian VELOT de notre entier soutien dans sa lutte pour le rétablissement de ses droits.

Frédéric PIC, candidat Gauche Alternative 2007 aux dernières législatives (1° circonscription)

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Publié dans 3. textes perso

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